Propulsion vélique

L’urgence climatique est l’un des grands défis de notre époque, et l’industrie maritime a un grand rôle à jouer en raison de son impact environnemental significatif, mais aussi en raison de son grand potentiel technologique et industriel. La propulsion vélique fait partie des solutions.

La propulsion par le vent, ou propulsion vélique, est une solution incontournable pour réduire l’empreinte carbone du secteur maritime et contribuer à la lutte contre le changement climatique. Les avancées technologiques sont nombreuses et offrent de belles perspectives. Ces solutions, dont la nôtre, permettent de développer des systèmes de propulsion par le vent efficaces et économiques. Elles peuvent être utilisés sur une grande variété de navires.

En plus de contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’énergie vélique offre des avantages économiques très importants. Notamment en réduisant les coûts de carburant. Dans cette optique, il est essentiel de déployer des solutions durables pour le secteur maritime. Mais également de répondre aux enjeux environnementaux de notre temps.

Le vent, énergie gratuite, illimitée et renouvelable

Le vent, c’est tout simplement une source d’énergie renouvelable, gratuite et disponible partout dans le monde. Aujourd’hui, il permet de fournir de l’électricité à des millions de foyers et d’entreprises. Les avancées technologiques ont permis de développer des éoliennes plus efficaces et fiables. Elles sont capables de produire l’électricité même dans des conditions de vent faibles.

Dans le secteur maritime, la propulsion par le vent présente une opportunité unique afin de répondre aux enjeux de décarbonation, aux réglementations internationales et européennes. Les appels de l’opinion publique sont également pressants en faveur d’une réduction des gaz à effet de serre. Aussi, avec la fluctuation du prix des carburants, les armateurs sont en quête de solutions. Ils cherchent à changer de type de propulsion et à investir dans les énergies décarbonées.

C’est un fait. Les navires qui transversent nos mers et océans peuvent utiliser la force du vent pour avancer. Ces technologies véliques sont particulièrement utiles pour les longues traversées. Ainsi, les navires peuvent profiter des vents réguliers, pour naviguer à moindre coût. De plus, l’énergie du vent peut être combinée avec d’autres sources renouvelables. Par exemple, l’énergie solaire ou les fuels alternatifs, pour créer des systèmes énergétiques hybrides et durables.

Le potentiel énergétique du vent est donc immense, et joue d’ores-et-déjà un rôle déterminant dans la décarbonation du secteur maritime.

Le vélique, des technologies disponibles immédiatement

Les technologies de propulsion vélique ont considérablement évolué, offrant des solutions prometteuses pour la réduction de l’empreinte carbone des navires commerciaux. Pour les constructions neuves, les technologies de voiles rigides ou d’ailes peuvent être intégrées dès le départ. Pour les navires existants, les technologies de voiles souples ou de kites peuvent être installées en rétrofit. Ce qui permet de convertir les navires conventionnels.

Il est important de souligner la nécessité d’adapter et de rétrofiter les navires existants dès maintenant. Et ce, sans attendre la disponibilité des nouveaux carburants. En effet, la transition vers ces nouvelles sources d’énergies – comme l’hydrogène ou les biocarburants comme le méthanol – prendra du temps et nécessitera des investissements considérables en termes de fabrication, d’infrastructures et de logistique. Les technologies de propulsion vélique offrent ainsi une solution de transition efficace et immédiate sans investissements additionnels en termes d’infrastructures, de logistique et de fabrication. Par ailleurs, le coût en termes d’émissions carbone va être beaucoup plus conséquent pour les fuels alternatifs que pour les solutions renouvelables comme les équipements de propulsion par le vent, si on choisit les solutions de demain au regard du critère « Well to Wake », qui vient intégrer l’ensemble des émissions de leur fabrication à leur consommation.

Crédits : PolaRYSE / Brian Carlin

Imaginer une combinaison entre technologies véliques et nouveaux carburants bas-carbone est source d’espoir offrant au secteur maritime de nouveaux horizons responsables.  Mais pourquoi attendre ?

Que ce soit en rétrofit ou pour les constructions neuves, les technologies de propulsion vélique offrent une solution immédiate, à la hauteur des enjeux économiques des acteurs maritimes et de l’urgence climatique.

Seawing présenté sur le stand de Kawasaki Kisen Kaisha ‘K’ Line lors du salon Sea Japan en 2022. ©Airseas

Les armateurs prêts à adopter les technologies véliques

Au vu de réglementations et des sanctions financières associées en cas de non-respect, les armateurs sont contraints d’aller chercher des solutions de décarbonation pour leurs navires et ils sont déjà nombreux à avoir installé ou à envisager d’équiper leurs navires existants avec une technologie de propulsion vélique ou à avoir choisi des constructions neuves dotées de voiles rigides ou d’ailes.

Les exemples de réussites dans le domaine sont nombreux. L’équipementier Norsepower, qui fabrique des voiles « rotors », a installé sa technologie sur plusieurs navires dont un tanker de l’armateur danois Maersk. Ce dernier a également annoncé en 2020 un partenariat avec une start-up suisse pour développer une technologie de voile-réseau qui sera testée sur l’un de ses navires. De son côté, la compagnie maritime française Neoline a développé un concept de cargo à voile qui sera mis en service en 2024, un projet soutenu entre autres par le troisième armateur mondial, le français CMA CGM.

Le navigateur François Gabart s’est aussi lancé dans le transport à la voile décarboné annonçant la création d’une liaison entre l’Europe et les États-Unis afin de transporter des marchandises à la voile.

Une filière de la propulsion vélique en phase d’industrialisation

La propulsion vélique représente une filière industrielle d’avenir, avec des enjeux clés que sont :

  • la capacité à répondre à la demande mondiale,
  • la capacité à industrialiser leurs solutions,
  • la capacité à mobiliser des investisseurs publics et privés pour l’industrialisation de ces nouvelles technologies innovantes avec la mise en place et création de nouvelles professions, comme les expertises associées.

Le Projet Structurant Vélique propose de travailler à l’identification de domaines qui pourraient être mutualisés, comme la recherche et le développement sur les nouveaux matériaux, la sécurité de ces nouvelles solutions, et leur certification, l’évolution des normes règlementaires, la mise au point de nouvelles machines pour l’industrialisation, la mise au point d’un outil de performance commun etc.

Cette organisation en filière est clé pour la réussite de la propulsion vélique. L’objectif : que l’offre d’équipements et de navires propulsés par le vent puisse répondre à la demande du marché. Mais aussi aux enjeux de la décarbonation du secteur maritime.

Une partie des représentants de la filière vélique avec le Secrétaire d’État à la Mer Hervé Berville. ©Airseas

Pour résumer, la route pour un secteur maritime décarboné semble tracée. C’est à l’ensemble des acteurs publics et privés de se mobiliser pour accélérer l’industrialisation de la filière vélique et révéler son plein potentiel environnemental, économique et commercial.